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Question fréquente

Termites : pourquoi toute la Gironde est concernée

L'antisècheLa Gironde est classée dans sa totalité en zone contaminée par les termites, par arrêté préfectoral : le risque est reconnu sur l’ensemble du territoire, ville comprise. Ce classement conditionne deux obligations, l’état relatif à la présence de termites lors d’une vente et le traitement particulier des bois en cas de démolition, et il ouvre au maire la faculté d’enjoindre aux propriétaires de rechercher les termites. La déclaration en mairie d’une infestation constatée, elle, s’impose partout en France.

Un classement qui couvre le département entier

Dans la plupart des départements français, le classement en zone contaminée par les termites se fait commune par commune : le préfet arrête une liste, quelques dizaines de communes y figurent, les autres non. En Gironde, la logique est différente. Le département est classé dans son intégralité, par arrêté préfectoral. Il n’y a donc pas de commune girondine « hors zone », ni de secteur épargné sur le papier.

Cette particularité surprend souvent les propriétaires, y compris ceux qui vivent en centre-ville et associent les termites à des maisons anciennes en zone humide. Un immeuble ancien en pierre de taille n’est pas à l’abri : les termites n’ont pas besoin que le bâtiment soit en bois, ils ont besoin de cellulose, et il y en a partout, dans les plinthes, les huisseries, les planchers, les doublages, les cartons de plaques de plâtre, les archives entreposées en cave.

Il faut lire ce classement pour ce qu’il est. Il ne signifie pas que chaque immeuble girondin est infesté. Il signifie que le risque est établi à l’échelle du territoire, et que l’autorité préfectorale a préféré une règle uniforme plutôt qu’un découpage qui aurait vieilli au rythme de la progression des colonies.

Les obligations que déclenche le classement

Le classement en zone n’est pas symbolique : le code de la construction et de l’habitation y attache des obligations précises. Deux d’entre elles ne valent que dans les zones délimitées par arrêté préfectoral, l’état relatif à la présence de termites lors d’une vente et les règles applicables aux démolitions. Une troisième obligation, la déclaration en mairie d’une infestation constatée, s’applique en réalité sur tout le territoire, mais elle prend évidemment un relief particulier là où le risque est reconnu.

SituationCe qui est exigé
Vente d’un immeuble bâti situé en zoneUn état relatif à la présence de termites, annexé à l’acte, valable six mois
Constat d’une infestationUne déclaration en mairie par l’occupant, ou par le propriétaire à défaut d’occupant (obligation valable partout, pas seulement en zone)
Démolition en zone, totale ou partielleLes bois et matériaux contaminés sont incinérés sur place, ou traités avant tout transport si l’incinération sur place est impossible, et l’opération est déclarée en mairie

La première est connue, parce qu’elle passe par le notaire. Les deux autres le sont beaucoup moins. La déclaration en mairie, en particulier, est une obligation individuelle que presque personne n’applique : celui qui découvre des cordonnets dans sa cave appelle une société de traitement, rarement le service urbanisme. C’est pourtant ce recensement communal qui permet, ensuite, de raisonner à l’échelle d’un quartier. Dans les zones délimitées, le maire peut d’ailleurs enjoindre aux propriétaires de procéder, dans un délai de six mois, à la recherche de termites puis aux travaux nécessaires.

L’obligation liée à la démolition, elle, concerne directement les chantiers. Évacuer des bois infestés vers une benne ordinaire, c’est déplacer le problème et l’exporter ailleurs. La règle est donc de détruire sur place, ou de traiter avant de transporter.

Pourquoi le bassin aquitain leur convient si bien

Les termites qui posent problème ici sont des termites souterrains, du genre *Reticulitermes*, et ce détail commande tout le reste. Contrairement à ce que beaucoup imaginent, il n’y a pas de nid visible dans une charpente, comme il y aurait un nid de guêpes. La colonie vit dans le sol, parfois à plusieurs dizaines de mètres du bâtiment attaqué, et elle envoie des galeries souterraines vers les sources de cellulose.

Ce mode de vie explique la géographie du phénomène. Le termite souterrain a besoin d’humidité constante et redoute le gel prolongé. Le climat océanique du Sud-Ouest, doux et humide, avec des hivers rarement rigoureux, lui offre des conditions favorables une grande partie de l’année. Le grand Sud-Ouest et les Charentes constituent d’ailleurs le foyer historique de ces termites en France, bien avant qu’ils ne remontent le long des vallées et des axes de transport.

Cela a une conséquence pratique que l’on mesure mal : une colonie peut alimenter plusieurs bâtiments contigus. Traiter un seul logement, ou une seule maison mitoyenne, revient souvent à couper une branche sans toucher à la racine. Les termites reviennent par un autre chemin, par un joint de maçonnerie, une gaine technique, un passage de canalisation, un vide sanitaire.

Reconnaître une attaque avant qu’elle ne se voie

Les termites fuient la lumière et l’air sec. Ils ne sortent donc pas à découvert : ils construisent des cordonnets, des tunnels de terre et de salive, de la largeur d’un crayon, qui courent sur les soubassements, les murs de cave, les piles de vide sanitaire, parfois derrière un doublage. C’est le signe le plus fiable, et le plus facile à repérer avec une simple lampe.

Le deuxième indice tient au bois lui-même. Le termite consomme la matière de l’intérieur en suivant le fil, et laisse en surface une pellicule très mince, intacte. Une plinthe, un bâti de porte ou un solivage peut sembler sain et sonner creux au moindre coup, puis céder sous la pointe d’un tournevis. Ce contraste entre une apparence normale et un intérieur vidé est caractéristique.

Le troisième indice est saisonnier. Au printemps, par temps doux et lourd, les colonies matures libèrent des individus ailés : c’est l’essaimage. On retrouve alors des tas de petites ailes près d’une fenêtre ou d’un point lumineux. Il faut le distinguer d’un essaimage de fourmis, beaucoup plus banal.

Termite ailéFourmi ailée
TailleCorps sans taille marquéeTaille très fine, comme étranglée
AntennesDroites, en chapeletCoudées
AilesQuatre ailes de même longueurDeux grandes et deux petites

Une précision d’honnêteté : l’absence de ces signes ne prouve rien. Un état relatif à la présence de termites repose sur un examen visuel, complété par des sondages non destructifs des bois visibles et accessibles. L’opérateur ne dépose ni les doublages, ni les revêtements. Un rapport concluant à l’absence d’indice constate ce qui était visible ce jour-là, dans les parties accessibles, et rien de plus. C’est aussi pour cela que sa validité est courte.

Ce que le classement change dans un immeuble collectif

Les termites ignorent le découpage en lots. Une colonie installée sous les caves d’un immeuble progresse par les planchers, les cages d’escalier, les gaines, et peut atteindre plusieurs appartements sans que personne ne fasse le lien. Or, en pratique, le diagnostic réalisé lors de la vente d’un lot porte sur ce lot et ses annexes, cave ou garage compris, et non sur l’ensemble des parties communes de l’immeuble. Il est donc parfaitement possible qu’un immeuble girondin soit attaqué en parties communes pendant que chaque état individuel conclut, sincèrement, à l’absence d’indice dans le logement visité.

Aucun texte n’impose au syndicat des copropriétaires de faire réaliser périodiquement un état des parties communes : hors injonction du maire, la démarche reste volontaire. C’est précisément ce qui la rend utile, car c’est le moyen le plus direct de regarder l’immeuble comme un tout, caves, vides sanitaires, planchers bas, charpente et souches de bois enterrées. Lorsqu’un traitement s’avère nécessaire, il porte sur le sol et la structure, donc sur les parties communes : la dépense relève du budget du syndicat et se vote en assemblée générale, avec les règles de majorité propres à la nature des travaux décidés.

Le réflexe de terrain : commencer par le bas, et interroger la mairie

Si vous voulez vous faire une idée par vous-même, ne commencez pas par la charpente. Descendez à la cave ou ouvrez la trappe du vide sanitaire, avec une lampe puissante, et regardez les points de contact entre le sol et le bois : bas des huisseries, lambourdes, plinthes, coffrages oubliés d’un ancien chantier, cageots ou cartons posés à même la terre. C’est là que tout commence.

La question à poser ensuite, celle qui fait souvent gagner le plus de temps, ne s’adresse pas à un diagnostiqueur mais au syndic et à la mairie : une déclaration de présence de termites a-t-elle déjà été déposée pour cet immeuble ou pour la rue ? Une réponse positive change complètement la lecture d’un rapport qui ne relève rien dans un appartement du deuxième étage.

L’erreur à éviter est toujours la même. Traiter un logement isolé, sans traiter le sol et sans regarder les bâtiments voisins, revient à payer pour un répit. Face à un insecte dont la colonie vit sous les pieds de l’immeuble, la seule échelle qui vaille est celle du bâtiment entier.

Sources

Cette page s'appuie sur les textes en vigueur à la date indiquée. La réglementation évolue : en cas de doute sur une situation particulière, faites-la confirmer.

Publié le 03/08/2026 · vérifié en août 2026

Relu et validé par Aude de Gentile, cofondatrice, diagnostiqueuse immobilière — titre professionnel de diagnostiqueur immobilier enregistré au RNCP. Titres et certifications.

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